15 décembre 2013

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Dire la Révolution

 La séance s’est ouverte sur une question de Daniel Rojas, docteur à l’université Paris I : dans la mesure où dire la Révolution, c’est d’abord la définir, quels évènements peuvent-ils être qualifiés de révolutionnaires ? Le même mot est en effet appliqué à des phénomènes très différents de par leur durée et leur nature : il y a eu une « Révolution néolithique » comme une « Révolution conservatrice ». En quoi les révolutions, dans une conception progressiste de l’Histoire héritée des Lumières, sont-elles avant tout des périodes de transition ?

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Nommer la révolution

Comment définir la et les révolution(s) ? Le terme de « révolution » a une histoire, aussi bien comme événement qu’en tant que qualification apposée à une séquence historique. Or, si les révolutions sont indissociables de leur contexte, l’extension du champ des révolutions est allée de pair avec une mutation des paradigmes d’interprétation de la révolution. 

Rappelant ce régime d’historicité, Claude Mazauric (professeur émérite d’histoire moderne, Rouen) a retracé la généalogie d’un concept. Florian Mazel (professeur d’histoire médiévale, Rennes 2) a montré à propos de la réforme grégorienne comment les processus de transformation de l’ordre établi et les potentialités de rupture se disent différemment selon l’univers mental des acteurs. Incarnées dans des cadres particuliers, les révolutions sont également indissociables de leurs contextes de réception : Claude Markovits (directeur de recherche, CNRS-CEIAS) a retracé les inflexions de l’historiographie de la révolte des Cipayes, née dès les événements. La qualification de révolution interroge à la fois des enjeux épistémologiques, les critères de la révolution, et des enjeux politiques, puisque le terme sert d’emblée, chez les contemporains, à légitimer ou discréditer, enfin asseoir un sens. Le panel, coordonné par Jean-François Lassalmonie (maître de conférences en histoire contemporaine, ENS) et Daniel Rojas (docteur, Paris 1) a examiné aussi bien la formation historique du terme de révolution, les critères de définition d’un paradigme épistémologique, que les enjeux de son emploi pour des cas-limites relevant d’espaces et de régimes historiques très variés, interrogeant et l’univocité et l’universalisme d’un concept.

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Les soixante-huitards étaient-ils des révolutionnaires ?

Le panel, composé de deux historiens, Michelle Zancarini-Fournel (Lyon 1), Xavier Vigna (Université de Bourgogne) et de deux témoins, Philippe Gildas (Europe 1), Elisabeth Roudinesco (Paris 7, ENS), et animé par Gilles Pécout (ENS) et Emmanuel Laurentin (France Culture) a examiné la spécificité des « événements » de mai 1968 par rapport aux paradigmes et aux dynamiques révolutionnaires, en soulignant la double construction de Mai 1968, comme événement et comme phénomène.

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Mémoires historiographiques révolutionnaires

A la suite du panorama exploré tout au long de cette Semaine de l’histoire, qui aura permis de cerner les multiples visages des phénomènes révolutionnaires et d’en analyser les connexions avec différents champs disciplinaires, le recours à l’historiographie comme ultime moyen de mise en perspective permet d’ouvrir la réflexion par-delà le temps court de l’explosion ou du basculement, en envisageant sur le long terme les structures mémorielles et les enquêtes des historiens professionnels. A travers trois interventions portant sur la manière d’aborder le lien entre histoire et mémoire, et au moyen d’une discussion animée par Sylvia Estienne, maître de conférence d’histoire romaine à l’ENS, et Antoine Lilti, directeur d’étude à l’EHESS, cette table ronde propose, au détour de révolutions distinctes dans le temps comme dans l’espace, quelques pistes pour mieux comprendre l’articulation entre l’usage publique et politique de l’évènement révolutionnaire, et son analyse scientifique réalisée par les universitaires.

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Révolution et Terreur : les origines d’une culture politique de la violence

L’historien américain Timothy Tackett, professeur à l’université d’Irvine en Californie, spécialiste de la Révolution française, s’interroge durant cette conférence sur le processus de mutation du régime issu de l’idéal révolutionnaire en une culture politique de violence à travers une étude des mentalités des élites. En effet, il est impératif de prendre la pleine mesure du rôle joué par les idéaux politiques des patriotes révolutionnaires au cours des différentes phases de la Révolution afin de saisir les mutations des émotions. Or, à travers l’observation des sentiments publics, on étudie la politisation des masses, ce qui permet de comprendre comment les patriotes sont passés à un agency violent.

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Révolutions des sciences et révolutions politiques

Révolution Grèce

Contrairement à ce que pouvait laisser supposer le titre de cette conférence, le propos ne consistait pas à comparer révolutions scientifiques et révolutions politiques. Les animateurs de la séance, Antonin Durand et Henri Pigeat, l’ont présentée comme une recherche d’intersections entre l’histoire des sciences, mais aussi des techniques, et l’histoire des révolutions politiques. Comme annoncé dans…

Zélotes et Tuchins, deux « peuples » en révolte ?

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Les Zélotes, les Tuchins… Vous connaissez ? Les premiers sont byzantins et vivaient au XIV e siècle, les seconds agitaient le Languedoc à peu près à la même époque. Ces deux « peuples » ont permis mercredi matin aux intervenants de la semaine de l’Histoire de s’interroger sur le contenu de leurs soulèvements avec un constat : le « peuple » est tout autant acteur de la révolution qu’il est inventé par elle.

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